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NATURE: Le rougequeue à front blanc portera la couronne d’oiseau de l’année

Le Quotidien Jurassien, jeudi 16 avril 2009, p. 2-3:

Le rougequeue à front blanc était un oiseau très fréquent en Suisse dans les années 50 et abondait dans la campagne jurassienne.
Des facteurs divers ont conduit l’espèce à une érosion inquiétante de ses effectifs.
Son plumage éclatant et ses talents de chanteur en font pourtant l’un des plus beaux passereaux du pays. Portrait.

C’est dans l’air. On l’entend au réveil et au point de jour. On aperçoit des silhouettes perchées à la cime des arbres. On observe une agitation frénétique autour des mangeoires de jardins. Les oiseaux sont de retour de leurs quartiers d’hiver méridionaux. Les bergeronnettes reviennent par escadrons entiers. Les premiers milans noirs décrivent à nouveau leurs amples circonvolutions dans l’espace aérien jurassien.

Cette année, l’Association suisse de protection des oiseaux (ASPO) s’est pliée en quatre et a déroulé le tapis rouge pour un saisonnier très spécial en provenance de la ceinture sahélienne et des côtes de la péninsule arabique. Le rougequeue à front blanc est un poids lourd de la migration avec ses 15 grammes et sa quinzaine de centimètres. Il avale la distance respectable de 6000 kilomètres entre les savanes africaines et l’Europe lors de son voyage rituel. Le jeu en vaut la chandelle. Au bout de ce périple aussi long que périlleux, il retrouve sa cavité dans les vergers et les lisières du Jura.

Toute médaille possède son revers

Si l’ASPO accueille le rougequeue à front blanc avec tant d’égards cette année, c’est que l’espèce est menacée. Sur la liste rouge des oiseaux menacés établie par la Station ornithologique de Sempach et l’Office fédéral de l’environnement, le rougequeue à front blanc entre dans la catégorie des oiseaux potentiellement menacés. On y trouve des espèces encore répandues aujourd’hui, mais dont les effectifs diminuent, à l’instar de l’alouette des champs ou du tarier des prés.

En 1950, l’oiseau était encore largement représenté en Suisse. Ses effectifs n’ont cessé de s’éroder depuis. «Selon nos estimations, on compterait aujourd’hui dix fois moins de couples qu’en 1960», s’inquiète François Turrian, directeur romand de l’ASPO. Comme pour beaucoup d’autres espèces, on invoque particulièrement la destruction progressive de ses habitats. L’intensification de l’agriculture, l’urbanisation, les campagnes d’abattage d’arbres fruitiers dans les années 60 ou encore l’utilisation de pesticides sont pointés du doigt. Il existe aussi une explication liée au site d’hivernage de l’oiseau. A l’automne, le rougequeue à front blanc s’envole pour le Sahel. Les périodes de sécheresse dans cette région d’Afrique influent de manière catastrophique sur les effectifs. Ainsi, la longue sécheresse de 1968 à 1976 aurait provoqué une perte de 90% de la population de rougequeues à front blanc. Aujourd’hui, on estime la population nicheuse helvétique à environ 10 000 couples.

Les doux vergers de la Baroche

«Dans la vallée de Delémont, le rougequeue à front blanc est devenu très rare», raconte Jean-Paul Luthi. Selon l’ornithologue de Courroux, l’intensification de l’agriculture est pour beaucoup dans cette raréfaction. «Cette espèce est insectivore et a besoin d’habitats très spécifiques pour trouver ses aises», reprend-il. Dans le district de Delémont, tant sa nourriture que ses habitats favoris ont été réduits comme peau de chagrin. L’Ajoie présente des objets paysagers plus favorables à l’espèce, notamment avec les vergers de la Baroche. L’oiseau reste cependant bien rare. «J’en observe deux couples régulièrement, l’un dans le village de Damphreux, l’autre à Porrentruy», commente l’ornithologue bruntrutain Philippe Bassin. «Les effectifs diminuent régulièrement depuis les années 70», poursuit l’ornithologue. Quoi qu’il en soit, les deux spécialistes le confirment, les meilleurs moments pour observer le rougequeue à front blanc restent les périodes de migration. Et il se trouve justement que l’espèce atteint l’Europe centrale au mois d’avril. Il est donc tout à fait possible d’observer un couple de passage dans les jardins, faisant halte deux ou trois jours avant de poursuivre sa route vers le nord.

Le rougequeue à front blanc, contrairement à son cousin le rougequeue noir, se montre très exigeant dans le choix de son habitat. Pour nicher, il lui faut une cavité. «Un trou de pic, un nichoir, un mur ou encore sous une poutre», précise Jean-Paul Luthi. «Il faut toutefois que ce soit un espace confiné», ajoute-t-il. Ces lieux de nidification, le rougequeue à front blanc les trouve dans des forêts claires présentant de vieux arbres aux cavités nombreuses, dans des vergers à hautes tiges, parfois dans des jardins et des parcs ou encore dans les haies, lisières et clairières.

Des nichoirs posés à La Chaux-de-Fonds

Le titre d’oiseau de l’année en soi ne suffira pas à favoriser une stabilisation des effectifs. L’ASPO va lancer plusieurs actions dans le pays afin de valoriser les habitats potentiels existants ou d’en créer de nouveaux. «Nous allons intervenir sur des vergers à hautes tiges dans le demi-canton de BâleCampagne», indique François Turrian. «Des élèves chaux-defonniers poseront aussi des nichoirs», poursuit le directeur romand, relevant au passage que le cas particulier de la ville du Corbusier, où les parcs et les jardins sont encore habités en zone urbanisée par des couples de rougequeues à front blanc. Le rougequeue à front blanc succède au faucon crécerelle sur le trône d’oiseau de l’année. «Nous choisissons un oiseau emblématique, observable partout en Suisse et pour lequel des actions concrètes peuvent être menées», argue François Turrian. Avec sa livrée aux couleurs vives, le rougequeue à front blanc fait assurément honneur à sa couronne.

NB.: Pour distinguer les mâles adultes rougequeue à front blanc ou rougequeue noir, il suffit de s’en référer à la poitrine, rouge orangé chez le premier cité. On note également des contrastes bien plus marqués au niveau de la queue, du masque et du dos gris perle.


ARNAUD BERNARDIN

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Esthète et chanteur remarquable

On distingue aisément le rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) de son cousin le rougequeue noir, pour ce qui est du mâle adulte en tout cas. «Le rougequeue à front blanc est largement plus contrasté. Son dos et sa tête sont d’un gris perle. Sa poitrine rouge orangé et sa queue d’un beau roux font de lui un oiseau magnifique. Le noir profond du masque est accentué par la tache blanche du front», explique Jean-Paul Luthi. Le plumage de la femelle est d’un beau brun sable.

Par rapport au rougequeue noir, il est aussi beaucoup plus discret et farouche. On repère souvent le mâle grâce à son chant. On peut aussi l’observer lorsqu’il chasse, à l’affût sur une branche basse ou sur un piquet. Il se nourrit d’insectes comme des sauterelles, des coléoptères, des papillons, des chenilles ou des araignées. Au vu de son régime uniquement insectivore, on ne le verra jamais sur une mangeoire de jardin.

Le rougequeue à front blanc est aussi connu pour être un chanteur remarquable. «Dans le temps, on l’appelait le rossignol des murailles», se souvient Philippe Bassin en adressant un clin d’œil aux «vieux» ornithologues. Alors que le chant du rougequeue noir est grinçant, le sien est mélodieux et mélancolique. «Il est capable d’imiter une trentaine d’espèces, dont le pic vert et le pic noir», insiste Jean-Paul Luthi.

Lorsqu’il veut séduire sa belle, le rougequeue à front blanc «fait la révérence, étire son cou, laisse pendre ses ailes et déploie sa queue en un large éventail rouge cuivre», comme l’indique le site internet de la Station ornithologique suisse de Sempach.

Ce qui fait la beauté du rougequeue à front blanc en fait malheureusement aussi sa faiblesse. Ses spécificités et son incapacité à s’adapter le rendent plus vulnérable que son cousin. En effet, le rougequeue noir est moins difficile pour trouver un site de nidification. Pour preuve, en 1991, un couple avait fait son nid sur le camion de livraison du mazout du garage du Ticle à Delémont. La femelle couvait alors que le chauffeur livrait ses clients. Ce qu’on appelle une famille nomade.

AB

Source/Quelle: Le Quotidien Jurassien, jeudi 16 avril 2009, p. 2-3.

Links

  • Association suisse de protection des oiseaux (ASPO)/Schweizer Vogelschutz (SVS)/BirdLife Schweiz (franz./dt.) [1]
  • Schweizerische Vogelwarte Sempach (dt./franz./engl.) [2]
  • Liste der Vogelarten der Schweiz/Liste des oiseaux de la Suisse (pdf) [3]

Gartenrotschwanz/rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus)

  • ASPO: Rougequeue à front blanc, portrait [4]
  • SVS: Gartenrotschwanz, Vogel des Jahres [5]
  • Gartenrotschwanz/Rougequeue (pdf deutsch) [6]
  • Art. Wikipedia dt., Gartenrotschwanz [7]
  • Art. Wikipedia franz., Rouge-queue à front blanc [8]
  • Art. Wikipedia engl., Common Redstart [9]
  • Google search "phoenicurus" [10]
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