Jeanrichard, Daniel (1665-1741)

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Der Begründer der Neuenburger Uhrenindustrie

Daniel JeanRichard 1665-1741

In manchen Schulbüchern lesen wir die Geschichte vom jungen Schlosser Daniel Jeanrichard (oder: JeanRichard) aus La Sagne, den ein merkwürdiger Zufall zum Begründer der Neuenburger Uhrenindustrie gemacht haben soll.

Hier ein solcher Bericht:

Wie die Uhrenindustrie in den Neuenburger Jura kam

Im Jahre 1769 brachte der Rosshändler Peter aus England eine Taschenuhr ins Tal von La Sagne, seine Heimat. Es war eine runde, dicke Zwiebel; eine Darmsaite war die Uhrfeder, nur ein Zeiger aus Zinn lief übers Zifferblatt; aber das Ding lief, und zwar sozusagen von selbst. Mit Staunen wurde das neue Zauberding betrachtet, Bergleute kamen Stunden weit her, es zu sehen und zu bestaunen. Die Uhr ging von einer Hand in die andere, die Neugier konnte sich nicht enthalten, sie auch von innen zu besehen, sie zu öffnen, zu betasten, daran herum zu stochern bis das Werk zum grossen Kummer des Besitzers, - zum grössten Glück der Landesgegend - stehen blieb. Kein Schieben, kein Rütteln brachte das Räderwerk wieder zum Gehen. Wer sollte es wieder herstellen ?

Zu Bressel bei La Sagne wohnte ein junger Schlosser, namens Daniel Jean Richard. "Wenn einer helfen kann, so ist's der," war das einhellige Urteil. Der junge Mann verfertigte nämlich aus Holz allerlei kleine Räderwerke und besass hiezu kein besseres Werkzeug als sein schlechtes Sackmesser.

Der Pferdehändler begab sich in die Werkstätte, wo der junge Richard mit seinem Vater arbeitete. Er zeigte ihm die stockende Uhr und fragte, ob er sie reparieren könnte. Mit nachdenkendem, forschendem Kennerblick besah der junge Schlosser die Uhr und begriff augenblicklich das Wesen des Werkes und fand auch die Hemmung. Er antwortete ohne Zaudern, dass er sich getraue, die Uhr wieder in Gang zu bringen. Sein Vater machte ihm bittere Vorwürfe und warnte ihn, die Uhr noch vollends zu verderben, sie am Ende gar noch bezahlen zu müssen. Allein der junge Praktiker liess sich nicht einschüchtern und es gelang ihm, den Mechanismus wieder in Gang zu bringen. Der Vater und der Rosshändler staunten.

Jean Richard war damit nicht zufrieden, er versuchte, eine solche Taschenuhr nachzubilden. Aber wo wollte er hierzu die feinen Werkzeuge hernehmen ? "Ich mache sie selber," dachte er und sann und probierte ein ganzes Jahr lang in der freien Zeit. Jetzt konnte er an die ersten Versuche der Herstellung einer Uhr gehen, und siehe da, nach sechsmonatlicher Mühe und viel Geduld lag seine Uhr fix und fertig auf dem Werktische. Sie lief besser, genauer als das englische Muster. Der Schlosser war zum Uhrmacher geworden. Die erste neuenburgische Taschenuhr entstand im Jahre 1681.

D. J. Richard erfand eine Einteilungsmaschine zur Herstellung von Zahnrädchen. Jetzt erst war eine erfolgreiche Uhrmacherei möglich. Bald arbeitete er nicht mehr allein, er lehrte seine Brüder, nahm andere junge Leute in seine Werkstatt. Er unterwies sie uneigennützig in allen Geheimnissen seiner Kunst, teilte ihnen alle Erfindungen und Vervollkommnungen mit und wurde so der Vater der Uhrenindustrie im Jura. Bestellungen kamen, damit Verdienst, er wurde der grösste Wohltäter des ärmlichen Berglandes.

1705 siedelte Richard nach Le Locle über, seine 5 Söhne wurden alle Uhrenmacher und arbeiteten zusammen mit dem Vater. Sie fingen an, die Arbeit zu teilen (Taylorsystem), der eine machte nur Schalen, der andere Zifferblätter, der dritte Zeiger, Federn, Rädchen u.s.w.; der letzte setzte die Teile zur Uhr zusammen. Damit vervollkommneten sich die Werke Jahr um Jahr, die Schweizer Uhrenindustrie erstellt wahre Wunderwerke und erwarb sich Weltruf und hohen Verdienst.

1741 starb Vater Richard in hohem Alter von 75 Jahren, allgemein geachtet und geehrt. Seine Heimat errichtete ihm ein Ehrendenkmal. Heute ist die Uhrenindustrie der Haupterwerbszweig der Jurabevölkerung, von Genf bis Baselland. Wer heute bei einer Eisenbahnfahrt oder Fusswanderung durch die schönen Juratäler kommt, staunt ob dem Reichtum der Dörfer, den schönen heimeligen Wohnhäusern, den monumentalen Kirchen und Schulpalästen. Der Wohlstand ist der Uhrenindustrie zu verdanken. Sie beschäftigt heute über 50'000 Personen. Schweizer Uhren haben Weltruf. Im Jahre 1913 wurden aus der Schweiz für 180 Millionen Franken silberne und goldene Uhren ausgeführt, 1923 für 216 Millionen, 1924 für 273 Millionen. An der Landesausstellung zu Bern war der Uhrenpavillon etwas vom Schönsten und Grössten, was dort zu sehen war.

Zit. Weber, J.: Deine Heimat. Das Auslandschweizer Buch. Hg. von der Neuen Helvetischen Gesellschaft und der Auslandschweizer Kommission. Genf: Sadag 1927, S. 18-19.

P.S.: Die heutige, im Besitz von Girard-Perregaux befindliche Uhrenmarke Daniel JeanRichard trägt seinen Namen.

Le récit de Frédéric-Samuel Ostervald 1766

Le premier récit au sujet de Daniel Jeanrichard se trouve dans une sorte de descriptif touristique (avant la lettre) de la région neuchâteloise, qui parut dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et connut plusieurs rééditions:

"Le premier fondateur de cet art [sc. l'horlogerie] dans les montagnes a été le Sr. Daniel Jean Richard, dit Bressel, père de M. Jean Jacques Richard, dont on parlera dans la suite & à qui l'on doit les détails suivans.
Il naquit à La Sagne en 1665. Un nommé Peter, marchand de chevaux, aporta en 1679, à son retour dans sa patrie, une montre faite à Londres, meuble absolument inconnu aux montagnes. Elle s'étoit dérangée pendant le voyage, cet home fut voir le père de Daniel Jean Richard, il remarqua divers petits ouvrages du fils & le jugea assez habile pour racomoder sa montre, qu'il voulut bien lui confier. Ce jeune homme se mit en tête d'en faire une pareille. Il faloit auparavant imaginer & fabriquer tous les outils nécessaires de même que ressort, la boete & les autres assortiments, sans avoir dans sa position aucun secours qui pût lui faciliter le succès. Mais par son génie, soutenu d'un travail opiniatre, il parvint au bout d'une année à avoir assez d'outils pour comencer sa montre qui fut achevée six mois après. Cette piéce, jointe à plusieurs autres parties nécessaires de son établissement, attira chez lui les plus curieux de ses voisins qui lui comirent des montres. Il les travailla avec la plus grande activité, & n'interrompit ce genre d'occupation que pour enseigner l'orfèvrerie à deux de ses freres. Il s'appliqua aussi à la gravure dont il avoit besoin pour l'horlogerie. Il a fabriqué la première machine à fendre les roues qui ait paru en Suisse & sans en avoir jamais vu de pareilles. Un étranger lui aprit qu'il y en avoit une à Genêve, il s'y rendit exprès pour l'examiner, son voyage fut infructueux parce qu'on en faisoit un mystère, mais il vit les roues fendues & il comprit que cette opération devoit se faire au moyen d'une roulette & d'une plate-forme chargée de nombres pour déterminer celui des dens & en rendre les intervales parfaitement égaux. De retour chez lui il se mit à travailler & parvint enfin à construire cette machine si utile pour l'horlogerie. Dans la suite il en pourvût plusieurs de ses confréres jusques à ce que des ouvriers parûrent qui s'occupérent uniquement de cette espèce de travail. Favorisé par cette heureuse découverte, le Sr. Richard reprit ses occupations ordinaires & réussit à faire de petites pendules & même des montres à répétition dans le gout de ces tems là. Il fût pendant quelques années le seul Horloger des montagnes & eut pour prémier confrere le Sr. Jacob Brandt, dit Gruyerin de La Chaux de Fonds, qui fit sous sa direction un apprentissage de quelques mois, pour l'horlogerie, la gravure et la dorure. On ne doit pas être étoné si cet home de génie se rendit bientôt célèbre & s'il forma un nombreux attelier, de sorte qu'on peut le regarder come le prémier mobile des talens de ses compatriotes. Il quitta enfin La Sagne au comencement de ce siécle & vint s'établir au Locle où il est mort en 1741. Ce fût là qu'il enseigna l'Horlogerie à ses cinq fils, lesquels y exercérent seuls cette profession jusques à ce que quelques jeunes gens curieux de s'y former se mirent en apprentissage chez eux & devenus maitres à leur tour ont formé de nouveaux artistes. Tels ont été les prémiers & faibles comencements d'une fabrique devenue en peu de tems si florissante."

— Frédéric Samuel Ostervald, Description des Montagnes et des Vallées qui font partie de la Principauté de Neuchâtel et Valangin, 1766

zit. nach http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Jeanrichard

Rezension der Publikation von Laurence Marti über Daniel JeanRichard

Laurence MARTI, L’invention de l’horloger. De l’histoire au mythe de Daniel JeanRichard, Lausanne, 2003, 141 pages.

Comme l’indique d’emblée le sous-titre de l’ouvrage, le regard de la sociologue Laurence Marti s’est essentiellement concentré sur la figure emblématique de Daniel JeanRichard. On ne trouvera donc pas ici d’éléments nouveaux liés à la genèse de l’industrie horlogère dans les Montagnes neuchâteloises ou sur les mutations successives subies par le métier d’horloger dans l’Arc jurassien pendant près de trois siècles. L’attention de l’auteure s’est en effet tout entière portée sur les manières dont le récit primal d’Ostervald (la fameuse Description des Montagnes et des Vallées qui font partie de la Principauté de Neuchâtel, 1766), qui fait apparaître Daniel JeanRichard, évolue au travers du discours historique et contamine progressivement les champs artistiques, politiques, industriels, économiques, commerciaux, publicitaires, au fil du temps. On relèvera la riche iconographie (en noir et blanc) qui illustre et, souvent, étaie avec pertinence le propos ainsi que les nombreuses citations d’auteurs au travers desquelles serpente plaisamment l’étude. L’ouvrage est découpé en quatre chapitres (l’artiste – seconde moitié du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle –, l’horloger – de 1830 au tournant du XIXe siècle –, le fabricant – du début du XXe siècle aux années 1960 –, le commercial – des années 1970 aux années 1990), suivant la chronologie des sources de référence, de 1766 à 1992, auxquels s’ajoutent une introduction et une conclusion en forme de synthèse. Le corpus des données sur lequel repose l’analyse est « classique », au sens où la plupart des documents cités appartiennent aux sources connues, répertoriées, voire traitées, ou ayant été signalées dans nombre d’articles ou d’études publiés. La thèse essentielle développée tout au long de l’ouvrage repose sur l’idée que le personnage de Daniel JeanRichard a été instrumentalisé, dès l’origine, en fonction de l’évolution du milieu horloger et, plus généralement, de la société. Dans un premier temps, il a servi à asseoir un modèle de développement horloger proche des structures agricoles, fondé sur les théories des Physiocrates. Puis il a servi à symboliser la notion de progrès aussi bien social qu’industriel sur laquelle repose le développement horloger du XIXe siècle, avant de devenir le symbole du pionnier en qui se reconnaît l’entrepreneur des deux premiers tiers du XXe siècle, pour terminer par devenir le héros salvateur d’un monde horloger en crise profonde où priment les parts de marchés, le chiffre d’affaires et la capacité d’adaptation et d’innovation technologique. Pourtant, l’originalité de l’ouvrage ne réside pas dans le traitement du thème: comme le reconnaît Laurence Marti (pp. 104-105), la démarche poursuivie a été initiée par l’Institut d’histoire de l’Université de Neuchâtel à partir de 1991, avec la publication de divers mémoires ayant pour objet le rapport entre histoire, mémoire, contextes socio-économiques, voire culturels et mythes horlogers. Le caractère novateur de l’étude présentée ici réside dans le fait que la période considérée a été étendue au passé récent et qu’elle éclaire d’un jour nouveau les crises majeures du dernier tiers du XXe siècle. Notamment l’auteure développe l’idée que le fait « JeanRichard» est parvenu à la fin de son cycle en tant que sujet « historicisable » et, constatant que la nouvelle horlogerie a besoin de forger de nouveaux héros, montre que Daniel JeanRichard appartient désormais au domaine des objets fabuleux susceptibles de favoriser la consommation, d’incarner un produit, d’être l’emblème d’une marque de fabrique. De l’histoire au mythe, du mythe à la légende... commerciale.

En choisissant d’examiner l’invention de l’horloger en focalisant toute son étude sur le seul personnage de Daniel JeanRichard, l’auteure parvient à construire une démonstration convaincante et très bien structuréee, mais à laquelle il manque une dimension comparative (les autres figures emblématiques de l’horlogerie neuchâteloise ou française – Mégevand par exemple qui possède bien des similitudes avec Daniel JeanRichard du point de vue de l’instrumentalisation) ainsi que des approfondissements qui nuanceraient le propos, notamment du point de vue de l’histoire politique ou économique suisse ou neuchâteloise, des rapports avec le développement des syndicats ou du contexte social. Plaisant à découvrir et à lire, l’ouvrage incitera le lecteur à remonter le cours de l’histoire des garde-temps en ayant à l’esprit les clefs d’analyse qu’il propose et à (re)lire les études qui ont déjà paru sur ces questions.

Marie-Jeanne LIENGME, in: Revue Historique Neuchâteloise

Bibliografie

  • Marti, Laurence: L'invention de l'horloger : de l'histoire au mythe de Daniel JeanRichard. Lausanne: Editions Antipodes/Société d'histoire de la Suisse romande 2003.(Collection Histoire.ch) ISBN 2-940146-36-5
  • Favre, Maurice: Daniel JeanRichard, 1665-1741 : promoteur de l'industrie horlogère en terre neuchâteloise / texte de Maurice Favre ; photogr. de François Mercier. Le Locle: Edition du Château des Monts, Musée d'horlogerie 1991.(= Histoire de l'horlogerie.8)
  • Mestral, Aymon de: Daniel Jeanrichard : L'inspirateur de l'horlogerie des Montagnes, 1672-1741 / Ed.: Inst. de recherches économiques. Neuchâtel: La Baconnière 1956.(= Pionniers suisses de l'économie et de la technique.2)
  • Mestral, Aymon de: Daniel JeanRichard, der Begründer der Uhrenindustrie im Jura, 1672-1741. Zürich: Verein für wirtschaftshist. Studien 1956.(= Schweizer Pioniere der Wirtschaft und Technik.5). vgl. Website Schweizer Pioniere in Wirtschaft und Technik
  • Fallet, Marius: La Sagne à l'époque de Daniel Jeanrichard. La Chaux-de-Fonds: Editions des Nouveaux Cahiers 1942.(Collection La petite histoire).
  • Montandon, Léon: Daniel Jeanrichard et sa famille. Neuchâtel: Impr. Centrale S.A. 1941.
  • Ostervald, Frédéric-Samuel: Description des montagnes et des vallées qui font partie de la Principauté de Neuchâtel et Valangin.[Rééd. de la 2e éd.] Introd. et choix iconographique de Michel Schlup. Notices biographiques de Françoise Arnoux. Notes et commentaires de Maurice Evard. Neuchâtel: Editions de la Nouvelle Revue neuchâteloise 1986.

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