Force démocratique zu den Ausschreitungen in Moutier

Aus JuraSchweizWiki

Wechseln zu: Navigation, Suche

Les citations sous-mentionnées (extraits) se trouvent dans la brochure suivante, éditée par Force démocratique:

Les événements de Moutier 1er au 8 septembre 1975. Mémoire publié par Force démocratique, mouvement antiséparatiste du Jura-Sud. (Tavannes): Force démocratique 1975.

Inhaltsverzeichnis

De l'infiltration à l'occupation

Entre le 24 juin et le 16 décembre 1974, plusieurs centaines de citoyens du Jura-Nord ont tenté de se faire inscrire abusivement dans les registres électoraux de la ville de Moutier, en vue de participer au plébiscite du 16 mars 1975.

Une partie d'entre eux ont été démasqués et renvoyés à leur point de départ.

Du 1er au 8 septembre 1975, une nouvelle vague d'immigrants s'est abattue sur Moutier. Le but était le même: fausser le plébiscite. La méthode était différente: elle consistait à intimider les partisans de Berne, à les empêcher de se montrer et de s'exprimer, et à faire sentir à toute la population que, si elle ne se soumettait pas à la volonté de Delémont, elle ne connaîtrait plus ni la paix, ni la tranquillité.

Moutier a vécu trois émeutes:

  • le 24 avril 1975: Passant outre à une interdiction du Conseil municipal, les séparatistes manifestent dans la rue et se livrent à des violences: dépavage, vitrine brisées, voitures endommagées, voies de faits et blessures - le préfet fait intervenir les grenadiers.
  • le 2 juillet 1975: Le Conseil municipal ayant rapporté l'interdiction de manifester, Force démocratique organise une soirée d'information dans la halle de gymnastique de l'école primaire - des séparatistes armés, casqués et masqués occupent les rues voisines et perturbent la séance, puis, quand celle-ci se termine, ils saccagent la halle de gymnastique, pourchassent les dirigeants de Force démocratique, dérobent leurs documents - de nombreuses voitures sont endommagées, des citoyens qui rentrent chez eux sont molestés - les grenadiers ne sont pas là.
  • du 1er au 7 septembre 1975: La ville est occupée par des manifestants séparatistes; il faudra l'intervention de plusieurs compagnies de grenadiers pour rétablir la situation.

Trois émeutes - un seul et même scénario!

- 80 à 90% des émeutiers viennent de l'extérieur, le plus souvent du Nord

- ils sont armés et équipés en vue de l'émeute

- ils sont dirigé militairement, soit à la voix, soit par radio

- la population de Moutier, en majorité opposée aux émeutiers, fait preuve d'un sang-froid exemplaire

Force démocratique et le Groupe Sanglier, qui ont décidé de ne pas répondre aux provocations, ne sont impliqués d'aucune manière dans les désordres, dont la responsabilité incombe entièrement au Rassemblement jurassien et ses organisations satellites

Moutier ville occupée

Dès le 1er septembre, les séparatistes tiennent la rue, insultant les passants qui ne sont pas de leur bord, couvrant murs et trottoirs de leurs affiches "MOUTIER = BELFAST", créant une atmosphère de tension insupportable.

Des individus masqués et casqués vont et viennent par groupes de deux ou trois. La plupart d'entre eux sont armés de gourdins, quelques-uns portant des appareils émetteurs-récepteurs de radio.

Ils campent sur les pelouses pendant une semaine entière

Ils attendent l'<ennemi> qui ne vient pas

Ils laissent leur carte de visite: papiers gras, bouteilles, boîtes de conserves, déchets, détritus, immondices

Les affiches recommandant le OUI ne peuvent être mises en place: des commandes séparatistes, alertés par radio, attaquent immédiatement ceux qui tenteraient de le faire.

Les partisans de Berne ne sortent plus le soir. Ils ne montrent plus leur drapeau. Craignant les projectiles que lancent les séparatistes, ils ferment leurs volets. Ceux qui vivent dans des maisons isolées passent de longues heures, toutes lumières éteintes, à surveiller les alentours.

Extrait du livre de bord de Force démocratique, section Moutier-Ville

Avertissement:

  • On ne trouvera ci-après que les événements qui ont été annoncés à la permanence de Force démocratique
  • A la demande des commerçants intéressés, il n'est pas fait état des dommages causés à certains magasins
  • Les heures indiquées sont celles des annonces; il peut y avoir un décalage par rapport aux heures auxquelles les événements se sont produits

Vendredi 5 septembre 1975

20.20h Dans le local de vote de la gare, on aperçoit une toile avec l'inscription "la lutte continue" - la toile est gardée par six Béliers

22.00h Devant le garage Merçay, une voiture conduite par P.A., de Tavannes, qui ne porte aucun insigne antiséparatiste, est bombardée au moyen de billes d'acier - vitre avant pulverisée, dégâts à la carrosserie

Samedi 6 septembre 1975

01.30h Attroupement séparatiste devant le poste de police

10.50h Carrefour du Suisse: une voiture conduite par F.I., de Roches, est attaquée - la vitre arrière vole en éclats - parmi les manifestants, on reconnaît C.G., conseiller de ville, présindent local de Jeunesse-Sud

11.00h Pour accéder au local de vote de la gare, les électeurs doivent passer devant une haie de Béliers portant des drapeaux et des gourdins

11.45h Avenue de la Poste 26, 2e étage: deux fenêtres de l'appartement de M.F. Hauri, président de Force démocratique, sont cassées au moyen de billes d'acier - ces dernières ont été lancées de la rue au moyen de frondes

15.00h Carrefour du Suisse: une voiture conduite par W.G., de Court, est endommagée

17.45h Place de la gare: pluie de projectiles sur la voiture de Mme. S. Péquignot, épouse du conseiller aux Etats, qui est venue chercher des parents rentrant du Tessin - il y a dans la voiture des femmes et des enfants

18.15h Attroupement devant le poste de police

19.05h Hôtel de Ville: Maurice Péquignot, accompagné de sa famille, vient voter - il est conspué - il regagne son domicile sous la protection de la police

20.40h Une fenêtre est cassée au restaurant du Moulin (où se trouve la permanence de Force démocratique, section de Moutier)

21.35h On entend plusieurs explosions

22.10h Restaurant du Moulin: plusieurs fenêtres sont cassées (vitres et cadres de bois) - des cailloux tombent dans la cuisine - les manifestants dépendent les volets et s'en servent pour enfoncer la porte - après intervention de la police, le calme revient

22.55h Attroupement devant le poste de police

Une DS blanche

...une DS blanche (dont le numéro a été communiqué à la police) s'arrête devant l'Hôtel de la Gare - les fils L. et C., de Grandval, sortent de l'hôtel et prennent livraison du matériel transporté par la DS: barres de fer et gourdins - les observateurs fédéraux, qui sont sur place, prennent des photos

...la même scène se répétera un peu plus tard, à ceci près que la DS sera remplacée par une fourgonette et par une autre voiture (dont les numéros ont été communiqués à la police)

Le ballast des CFF

...le ballast de la voie ferrée Moutier-Granges est mis à contribution - au moyen de divers récipients, les cailloux sont transportés au carrefour du Suisse, à l'Hôtel de la Gare, dans des appartements de familles séparatistes - des jeunes filles, porteuses de panier, participent au ravitaillement des lanceurs de pierres - finalement, le personnel des CFF organise une surveillance

Que faisaient-ils à Moutier ce soir-là ?

Dans la soirée, des citoyens de Moutier relèvent les numéros des voitures stationnées à la rue Centrale. Après pointage dans l'AUTO-INDEX, ils arrivent aux constatations suivantes:

- deux voitures viennent de la région de Moutier

- deux voitures n'ont pas de plaques (!)

- toutes les autres (une cinquantaine) viennent du Jura-Nord: Mervelier, Rossemaison, Vermes, Vicques, Delémont, Develier, Undervelier, etc.

Dimanche 7 septembre 1975

00.45h Des vitres sont cassées au restaurant du Cheval-Blanc (propriétaire antiséparatiste)

02.10h Nouvelle attaque contre le restaurant du Cheval-Blanc - vitres cassées

03.30h On entend des explosions du côté du Garage Merçay

07.45h Une voiture appartenant à E.G., d'Eschert, est endommagée sur place de parc du restaurant du Moulin

08.00h Avenue de la Poste: des billes d'acier sont tirées en direction de M. Fritz Hauri qui n'est cependant pas atteint

13.00h Le restaurant du Moulin est bombardé au moyen de projectiles divers: cailloux, billes d'acier, etc. - les volets étant fermés, il y a peu de dégâts

13.30h Attroupement devant l'Hôtel de Ville - des citoyens qui vont voter sont molestés - ils accèdent au local de vote sous la protection de la police

13.45h Place de l'Hôtel de Ville: une voiture conduite par F.M., de Moutier, est endommagée à coups de pieds et de billes d'acier

15.30h Place de l'Hôtel de Ville: la foule devient de plus en plus nombreuse. Aux abors du Garage Merçay: des manifestants séparatistes armés de frondes et de barres de fer stationnent sur la chaussée - ils contrôlent les voitures qui passent et endommagent celles dans lesquelles se trouvent des antiséparatistes

15.50h Des billes d'acier sont tirées en direction du Dr Junod, médecin-chef à l'hôpital, qui n'est cependant pas atteint

15.55h Hôtel de Ville: le maire annonce le résultat du vote - sifflets - le maire ne peut pas terminer son annonce - des billes fusent dans le local de vote - on ferme portes, fenêtres et volets - la foule scande "Ce n'est qu'un début, continuons le combat" et "Gehler, salaud, le peuple aura ta peau"

16.00h Chemin de la Nant: des vitres sont cassées chez J.G. au moyen de billes d'acier

16.20h Avenue de la Poste 20, 4e étage: des vitres sont cassées chez E.L. par des billes d'acier lancées de la rue. Voitures endommagées devant la fabrique Tornos

16.25h Des pierres sont lancées contre la Préfecture - incidents et déprédations à l'avenue de la Poste, à la rue des Gorges et près du Garage Merçay

16.35h Rue de la Chalière: une voiture occupée par R.M. et R.T. de Perrefitte, est attaquée et endommagée

16.45h Rue Industrielle: une voiture conduite par C.L., de Court, est gravement endommagée à coups de billes d'acier et de barres de fer

16.55h Rue Centrale 11:trois grandes vitres sont cassées chez R.S. / Rue des Gorges 41: plusieurs centaines de manifestants se massent devant le domicile de J.S. - aux cris "on aura ta peau", ils envahissent le jardin - au moyen de cailloux et de projectiles divers, ils brisent plusieurs vitres. / Rue des Gorges 20: vitres cassées chez W.S. et chez Mme D.

17.30h Gros attroupemment séparatiste au carrefour du Suisse - toutes les voitures qui passent sont arrêtées et contrôlées - chaque fois qu'un automobiliste antiséparatist est repéré, sa voiture est mise à mal

18.15h Place de l'Hôtel de Ville: deux voitures endommagées arrivent de Court - dans l'une d'elles se trouve l'abbé G.

18.20h Près du Garage Merçay: une voiture conduite par C.G., de Tramelan, est gravement endommagée / Des grenadiers font leur apparition aux abords du garage Merçay - les manifestants refluent en direction de la ville - il n'y a pas d'accrochage

19.10h Attroupement séparatiste au bas de la rue du Stand - la foule crie "Au poste de police ! Au poste de police !" - des pierres sont lancées contre le poste de police - un piquet de grenadiers s'interpose

19.20h Des pierres, des pavés et des billes d'acier sont lancés contre le poste de police

19.25h Des grenadiers prennent position au bas de la rue Neuve - ils sont pris à partie par les manifestants qui lancent des cailloux et des cocktails Molotov - les grenadiers répliquent avec des grenades lacrymogènes - l'un d'eux, grièvement blessé par une charge explosive, est emporté sur une civière - la foule reflue vers le carrefour du Suisse

19.40h Rue des Fleurs: des manifestants brisent les réverbères - il s'en prennent ensuite aux tubes néon du parking de la fabrique Vénus

20.10h Avenue de la Poste 26: l'appartement de Fritz Hauri est saccagé - les meubles sont jetés par la fenêtre

20.20h Plusieurs vitrines sont enfoncées (dont une pour la quatrième fois depuis le 16 mars)

20.30h On entend dire que le maire Steullet, victime d'un malaise, est à l'hôpital

20.35h La foule stationne au carrefour du Suisse et à l'avenue de la Poste - elle contemple le feu allumé avec le mobilier de Fritz Hauri

20.55h On entend des cris "Au Moulin ! Au Moulin !" - les manifestants casqués et armés de gourdins s'ébranlent en direction du Moulin - quelques personnes s'éloignent en direction de la gare

21.00h Les grenadiers chargent les manifestants - ils les repoussent au moyen de gaz lacrymogènes, posent des barbelés à travers les routes et procèdent à des arrestations

Dans les heures qui suivent, de violents accrochages opposent manifestants séparatistes et grenadiers en différents points de la ville: rue Centrale, rue du Château, place de la Gare et finalement Hôtel de la Gare où les séparatistes se sont retirés

L'Intervention des grenadiers

Deux décisions du Conseil municipal de Moutier

Mardi 2 septembre 17h

Décision: On demandera au préfet de veiller à ce que, en fin de semaine, des grenadiers soient stationnés aux abords de la ville, prêts à intervenir en cas de nécessité

Dimanche 7 septembre 18h

Décision: On accède à la demande du Rassemblement jurassien qui sollicite l'autorisation de manifester sur la place de la gare / la police en uniforme interviendra en cas de besoin / les grenadiers interviendront en cas d'extrême nécessité

Ne dites pas: c'est la faute de la police...

"Il n'est pas juste de dire que Berne aurait préparé une sorte de manoeuvre d'intimidation. Il n'est pas juste non plus de prétendre d'une manière générale que la police, qui a pour tâche d'assurer la protection des citoyens, aurait commis des actes indignes d'un Etat civilisé." K. Furgler, conseiller fédéral, Session du Conseil national, 17 septembre 1975

Efficaces, mais non aveugles

Tels se sont montrés les défenseurs de la légalité. Les grenadiers - comme la police en uniforme - on fait preuve d'une extraordinaire patience, en supportant pendant des heures entières, sans réagir, les insultes et les quolibets des manifestants !

Il est faux de prétendre que l'intervention des grenadiers aurait été inutilement brutale: Du côté séparatiste, l'émeute s'est soldée par un seul blessé grave, et encore s'agissait-il d'un malheureux qui s'est blessé lui-même en manipulant maladroitement un engin explosif

Il est faux de prétendre que l'intervention des grenadiers aurait pu être évitée:

  • Depuis une semaine, la rue appartenait à des éléments équipés et organisés en vue de la bagarre
  • D'heure en heure, la situation se détériorait, les violences et les atteintes à la propriété privée se multipliaient
  • La violation du domicile de M. Hauri faisait craindre qu'on en vienne à d'autres violations de domicile, qui n'auraient pas manqué de conduire à des effusions de sang
  • L'imminence d'une attaque contre le restaurant du Moulin ne permettait plus la moindre hésitation.

On ne peut songer sans effroi à ce qui se serait passé si les grenadiers avaient attendu un quart d'heure de plus avant d'intervenir!

La violence était préméditée

Préparatifs minutieux

"Le déroulement des incidents démontre que les séparatistes avaient procédé à des préparatifs minutieux. Preuve en soient les tas de pierres amassés sur le toit de l'Hôtel de la Gare, les transports de matériel d'un endroit à l'autre, les cocktails Molotov préparés à l'avance, l'équipement même des autonomistes: frondes (en partie de fabrication artisanale), billes d'acier, gourdins, sans parler des postes d'observation installés dans toute la ville et équipés d'appareils radio." Théo Ritter, Télévision alémanique, 16 septembre, 20h

Contrairement aux indications de Mme J., tenancière de l'Hôtel de la Gare, qui prétend que les séparatistes se sont refugiés chez elle et ont alors seulement déposé leurs frondes et leur autre matériel, plusieursa témoins (dont un gendarme) certifient avoir vu le samedi 6 septembre les camionnettes qui déchargeaient ce matériel devant l'Hôtel de la Gare.

Arguments "frappants"

"Dans les grandes lignes,le matériel suivant a été retrouvé lors de la perquisition effectuée à l'Hôtel de la Gare: 120 étuis vides pour masques à gaz C provenant vraisembablement d'un vol perpétré le samedi 6 ou le dimanche 7 septembre 1975 dans les locaux de la Protection civile de Moutier, de nombreuses frondes, de nombreuses matraques, des bâtons de toutes sortes, une grande quantité de cocktails Molotov sur lesquels des empreintes digitales ont pu être relevées, des billes de verre et d'acier, 9 grands cartons contenant des pierres, des pavés et d'autres projectiles, 2 appareils radio-émetteurs, 25 fusées lumineuses, des chaînes de bicyclettes, 1 carabine à air comprimé, 1 pistolet à gaz, une baïonnette fixée à un manche de 1m de longeur, divers couteaux, un poignard, des cannes, des casques divers." Kurt Furgler, conseiller fédéral, Session du Conseil national, 17 septembre 1975.

Force démocratique a lancé des appels au calme

Du 1er au 7 septembre 1975, Force démocratique a lancé tous les jours des appels au calme.

Par la voie de la presse et au moyen d'affiches, les partisans de Berne ont été invités à ne pas se rendre à Moutier.

Le 7 septembre, au début de la soirée, un dernier et vibrant appel a été diffusé par la radio et par la télévision:

N'allez pas à Moutier !

Pour diminiuer les risques d'affrontement:

  • le Comité directeur de Force démocratique a préféré s'installer à Court, plutôt qu'à Moutier, pendant toute la durée du scrutin
  • le Comité directeur du Groupe Sanglier en a fait autant
  • les vainqueurs du 7 septembre ont même renoncé à fêter la victoire

Contrôles routiers illégaux

Est-il vrai, comme d'aucuns le prétendent, que Force démocratique aurait organisé des contrôles routiers illégaux ?

Cette question, soulevée à plusieurs reprises, mérite qu'on s'y arrête. Constatons d'abord que les organes dirigeants de Force démocratique n'ont jamais ordonné de contrôles routiers.

Il est cependant vrai, qu'avant le 16 mars, date du second plébiscite, des éléments antiséparatistes, agissant de leur propre initiative et à l'insu des organes résponsables de Force démocratique, ont interpellé sans droit des automobilistes soupçonnés de transporter du matériel de propagande séparatiste. Les cas signalés sont peu nombreux. Il s'agissait principalement d'automoblistes du Nord qui se sont fait "intercepter" à leur arrivée dans le Jura-Sud. Le Comité directeur de Force démocratique a mis fin à cette pratique dès qu'il en a eu connaissance.

Après le 16 mars (1975), plus rien de pareil ne s'est produit.

Le barrage établi à Court le 7 septembre (1975) a été ordonné et mis en place par les autorités communales compétentes - maire et directeur des travaux publics - à la demande de Force démocratique et du Groupe Sanglier, et avec l'autorisation de l'autorité cantonale de police stationnée à Moutier. Il s'agissait en fait d'un "demi-barrage" ou plus exactement d'un poste d'information, dont la tâche consistait non pas à contrôler qui que ce soit, mais à rappeler aux automobilistes antiséparatistes qu'il était préférable de ne pas aller à Moutier.

Ainsi qu'on peut le constater, ce poste d'information a été mis en place dans le respect absolu de la légalité.

Brigandage

Court, 6 septembre (1975):

Situation tendue. On signale des incidents, notamment aux abords de la gare. Les partisans du futur canton, installés à l'Hôtel de la Gare, lancent divers projectiles au moyen de frondes en direction d'un groupe de Sangliers.

Une voiture, conduite par une habitante séparatiste de Reconvilier, s'arrête à proximité de la gare. Dans cette voiture se trouvent, à part la conductrice, son mari et l'une de ses nièces, Mme. J., de Malleray, probernoise et membre de Force démocratique.

A cet instant précis, un projectile non identifié est tiré de l'hôtel. Le jeune F.W., touché à la nuque, s'écroule. Il perd du sang. Le dénommé S., de Bévilard, se précipite sur lui et, muni d'une barre de fer, le frappe et lui casse un bras.

Mme. J., qui est une samaritaine expérimentée, veut lui porter secours. On lui tire dessus. Un projectile passe en sifflant à quelques centimètres de ses creilles. Obligée de se retirer, Mme. J. relève la tête et aperçoit le tireur à la fenêtre. Elle ne le connaît que de vue, pourtant sa tante, à côté d'elle, l'a reconnu: "Mais c'est K.!" s'écrie-t-elle.

Depuis ce moment-là, Mme. J. vit un perpétuel cauchemar: appels téléphoniques anonymes, menaces, allées et venues d'individus masqués autour de la maison, bruits de pas sous les fenêtres presque chaque nuit.


Malleray, 30 octobre 1975, 21 heures 15:

Mme. J., comme elle le fait chaque soir où son mari n'est pas à la maison, descend à la cave pour fermer à clé la porte arrière de la maison, ainsi que le stipule le réglement. Craignant d'attirer l'attention d'éventuels guetteurs, elle se risque dans l'escalier de la cave sans allumer. A peine est-elle parvenue au bas de l'escalier qu'elle est attaquée par plusieurs individus cachés dans les allées de la cave. Combien sont-ils ? elle ne le sait. En revanche, ce qu'elle sait, c'est que sa vie est en danger et elle se débat du mieux qu'elle peut. Parvenant à échapper à ses agresseurs, elle se précipite dans la maison à la recherche de secours. Par hasard, ce soir-là, la maison est pratiquement déserte. Personne ne répond à ses appels. Mme J. téléphone à la police, et, un peu plus tard, la maison est passée au peigne fin. Bien entendu, les oiseaux se sont envolés et pas trace de leur passage, sauf sur le visage de Mme. J., marqué d'un horrible balafre allant du front au menton, et sur son bras, où apparaissent deux marques semblables traçant leur sillon du coude au poignet. Ces marques n'ont pas été faites par des ongles: larges d'un centimètre environ et assez profondes pour laisser de vilaines cicatrices, elles semblent plutôt le fait d'une sorte de griffe artificielle... d'après une relation publiée par le Journal du Jura (Bienne), le 4 novembre 1975

"Pensons aussi à Mme Yvette Jaggi, de Malleray, terrorisée par des téléphones de menace, puis dérangée chaque nuit par des cavalcades autour de sa maison et finalement brutalisée et blessée au visage par des individus masqués dans le corridor de sa buanderie. Pourquoi ? Elle avait reconnu, lors d'une bagarre entre séparatistes et antiséparatistes à Court, le tireur qui avait blessé un Sanglier. Principal témoin, on ne l'a plus laissée en paix durant des semaines, jusqu'à ce que la police intervienne." Geneviève Aubry: Jura - Le temps des imposteurs. Tavannes: Editions Agecopress, p. 44.(N.B.: Cette citation de G. Aubry ne figure pas dans la brochure).

Bibliographie

  • Les événements de Moutier 1er au 8 septembre 1975. Mémoire publié par Force démocratique, mouvement antiséparatiste du Jura-Sud. (Tavannes): Force démocratique 1975. (Les citations se trouvent dans cette brochure).

Links

Persönliche Werkzeuge