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TOURISME: Le Jura se prépare à son «coming-out» touristique

Le Quotidien Jurassien mercredi, 3 juin 2009, p. 2-3:

JACQUES CHAPATTE

(Photo: Avec les outils et les conditions cadre mis actuellement en place conjointement par les professionnels de la branche et les dirigeants politiques, le secteur touristique devrait revêtir une importance prépondérante dans l’économie jurassienne, «d’ici 2015-2020», estime Philippe Flotiront, directeur de Jura Tourisme.)


La branche touristique est en plein boom: malgré la crise, la fréquentation est en nette hausse, les annonces de projets majeurs se succèdent en cascade (Maison du Tourisme à Saint-Ursanne, alliance avec le Pays des Trois-Lacs, développement du Centre de Loisirs à Saignelégier, etc.).
L’engouement se vérifie sur le terrain: le débat programmé en fin de semaine dernière par les maires des Franches-Montagnes s’est révélé, à titre d’exemple, fédérateur.
Plus marquant, un nouveau «Programme de développement touristique» est en préparation au Service cantonal de l’économie. Il va revoir avec plus d’ambition les conditions cadres de la branche. Le point.

Premier constat qui détonnerait presque : pendant la crise, les vacances continuent. L’activité du secteur touristique dans le Jura poursuit une croissance linéaire. La saison qui s’est ouverte avec les weekends prolongés de cette fin de mois s’annonce encore exceptionnelle. «Les nuitées ont augmenté de 8000 unités entre 2007 et 2008 pour la parahôtellerie (240 500 en 2008) et de 1000 pour l’hôtellerie (80 000, soit 0,02 % des nuitées sur le plan suisse)», précise Philippe Flotiront, directeur de Jura Tourisme. Les principaux prestataires touristiques affichent complet ou à peu de chose près pour les cinq mois de la saison estivale à venir.

La mode est aux vacances nature

Le marasme économique ambiant n’a fait qu’accentuer les atouts de la région auprès de la clientèle majoritairement helvétique (à plus de 80 %) : une nature exceptionnelle proche et à bon prix.

L’aspiration aux activités de pleine nature n’a jamais été si forte. Cette demande de nature se manifeste en particulier, dans les Franches-Montagnes, par un engouement croissant pour la marche, le vélo ou l’équitation. «En réalité, chacun des districts, ainsi que le Clos-du-Doubs ont leur propre potentiel touristique», se convainc Philippe Flotiront, pour qui tout est question de «valeur ajoutée».

Ici une piste cavalière, là une manifestation, ailleurs un golf. L’espace rural est convoité par une diversité de plus en plus grande d’acteurs et d’intérêts. Les formes que peuvent prendre ces conflits liés à ce partage ont été abordées jeudi dernier à l’occasion d’un débat public aux Breuleux regroupant autour d’une table une partie des milieux concernés à l’échelle locale (lire Le Quotidien Jurassien du 30 mai).

Face à ce mini-boom, Jura Tourisme qui assure la promotion du tourisme et l’accueil des touristes (par définition toute personne qui passe au moins une nuit sur place), a été contraint de recentrer ses actions marketing sur des activités destinées à des «excursionnistes». Ce qui est un rien insolite lorsque l’on sait que la viabilité du tourisme jurassien passe par le prolongement nécessaire des séjours des visiteurs extérieurs. Un détour sur la page d’accueil du site internet de l’institution corrobore l’information transmise par le directeur : les manifestations quotidiennes sont essentiellement mises en avant.

C’est le modèle cantonal de développement touristique qui est en cause. La capacité de l’hébergement hôtelier est le talon d’Achille du pays de l’or vert : cette lacune est connue depuis longtemps par les professionnels de la branche. Elle est peut-être en passe d’être résolue avec les importants projets hôteliers, avec particulièrement le développement du Centre de Loisirs à Saignelégier comme d’autres du côté de Delémont et d’Alle. L’équilibre offre-demande pourrait ainsi se rétablir à moyen terme. «Nous venons d’être sollicités dernièrement pour accueillir un congrès de ramoneurs, aujourd’hui c’est la croix et la bannière», illustre Philippe Flotiront. Depuis son arrivée à la tête de Jura Tourisme, il y a 7 ans, ce dernier ne cesse de répéter la nécessité de nouvelles infrastructures «pour créer l’effervescence indispensable».

De toute évidence, aujourd’hui, la prise de conscience politique est là. Elle s’est exacerbée avec Interreg, la Nouvelle politique régionale et aujourd’hui le Plan cantonal de relance, qui insufflent un élan important aux projets touristiques. Le développement touristique est désormais au rang des priorités politiques.

Le Service de l’économie qui établit les conditions générales du développement touristique, appuyé par le Service de l’aménagement du territoire dans ses applications spatiales, songe à la mise à jour d’un nouveau «Programme de développement touristique». «Nous avons tenu pour l’heure une unique séance, nous nous y mettrons plus sérieusement cet automne», explique Michel Friche qui répond des questions touristiques au sein du Service de l’économie. «Ce plan vise à aller plus en avant dans les directives de développement touristique de la région», reste encore prudent le haut fonctionnaire. Les lignes directrices de la politique du tourisme 2005-2010 établies dans l’Arrêté gouvernemental du 31 janvier 2006 auxquelles se reportent les décisions qui concernent la branche de même qu’au Plan directeur cantonal seront abandonnées pour un programme plus ambitieux. Celui-ci devrait être paré en 2010, comme l’indiquait le ministre Michel Probst dans une récente intervention publique.

Le Programme de la mise en œuvre de la Nouvelle politique régionale pose trois axes qui aident à distinguer les actions touristiques jurassiennes. Le niveau «Arc jurassien» vise à travailler à la création d’une «destination touristique». Le niveau interjurassien (JB-JU), la mise en place d’une plate-forme interjurassienne de développement touristique. Quant au niveau régional, il s’agit en l’occurrence d’une sous-stratégie propre au canton.

Les grands travaux régionaux

C’est dans ce dernier cadre que s’inscrivent les grands travaux régionaux: la rénovation hôtelière (accent mis sur la qualité), le projet de mise en valeur de l’étang de la Gruère (la première phase qui oriente les conceptions directrices est dans les mains du Gouvernement), le centre d’accueil de Saint-Ursanne, la mise en valeur des traces de dinosaures à Porrentruy et à Courtedoux, etc. Sur le terrain, il poursuit un tourisme doux, familial, rural (voir texte ci-contre), etc, Le Parc naturel régional du Doubs y a sa place.

Avec les outils et les conditions cadre mis en place conjointement par les professionnels de la branche et les dirigeants politiques – il est question ici d’un rapide survol –, le secteur touristique devrait à terme revêtir une importance prépondérante dans l’économie jurassienne. A noter qu’elle n’est pas chiffrable aujourd’hui.

«Certes il ne détrônera pas l’industrie horlogère ou l’agriculture, mais il devrait être un secteur économique qui compte et, chose intéressante, qui ne sera pas menacé de délocalisation», conclut Philippe Flotiront. Pour quand ce grand coming-out? «D’ici 2015-2020», ose espérer le directeur.

TOURISME RURAL: Les agriculteurs profitent peu de la vague verte. Une question de temps ?

JAC

Cette activité qui consiste, pour des professionnels de l’agriculture, à offrir des produits de tourisme ou de loisir en rapport avec leur occupation principale peine encore à s’implanter dans le Jura. Intégrer plus étroitement agriculture et tourisme est un des objectifs de la Nouvelle politique régionale, dans le créneau du tourisme doux, familial, naturel, etc.

Aux Franches-Montagnes toutefois, un certain nombre d’agriculteurs, des éleveurs de chevaux particulièrement, proposent des activités liées au cheval (équitation, location de roulottes, balades en char, etc. ). C’est là un complément de revenu bienvenu pour les familles. Ils sont aussi un certain nombre à offrir des chambres d’hôtes ou des appartements pour des vacanciers. Les nuits sur la paille semblent quant à elles avoir fait long feu.

C’est souvent la volonté de l’épouse d’un agriculteur ou de leurs enfants de faire autre chose qui lance l’activité touristique. Calculer la rentabilité de ces activités est difficile, tant elles varient en fonction des investissements et des offres proposées. La Fondation rurale interjurassienne planche sur un concept «Agritourisme» visant à optimiser, à mettre en réseau et à donner une visibilité à ces activités micro-économiques de tourisme rural. «Nous espérons recevoir une validation officielle du concept d’ici la fin juin. La prochaine étape sera consacrée à la recherche des moyens nécessaires et à la mise en œuvre progressive des mesures», explique Pauline Gigandet, coordinatrice du projet à la Fondation rurale interjurassienne (lire ci-dessous), qui chapeaute un groupe de travail pluridisciplinaire. Le passage du concept à la réalité est lancé et se complétera par étapes d’ici 2012. C’est un plus pour les agriculteurs. Nul doute que ce sera une prestation toujours davantage prisée des touristes en quête d’authenticité: une formule de plaisirs intemporels à la carte dans le milieu rural. A suivre.

Trois questions à Pauline Gigandet Coordinatrice du projet «Agritourisme» à la Fondation rurale interjurassienne

JAC

Comment espérez-vous développer le tourisme dans les fermes jurassiennes ?

A travers un concept global validé par les politiques et accepté des prestataires futurs et actuels, concept qui trace, pour les 4-5 prochaines années, des axes d’actions tels que le renforcement général de sa valeur ajoutée, le soutien aux prestataires à travers diverses mesures, l’amélioration de la qualité, l’enrichissement, la visibilité et la promotion de l’offre, la mise en réseau et la collaboration entre prestataires, etc.

Pouvez-vous expliquer le caractère innovant du concept d’Agritourisme ?

C’est une démarche globale et interjurassienne qui intègre les principaux acteurs concernés (agriculture, tourisme, économie, parcs régionaux).

Les prestataires touristiques dans l’agriculture restent marginaux. Une question de rentabilité ou de culture ?

Les deux! Par rapport à la problématique de la rentabilité, l’agritourisme est confronté à des contraintes, en zone agricole, dans la mesure où il doit rester une activité annexe ou accessoire pour l’agriculteur, sans quoi celui-ci entrera en porte-à-faux avec la loi sur l’aménagement du territoire. Question aussi de culture, dans la mesure où l’agritourisme est un nouveau métier pour l’agriculteur. Un métier qui nécessite des compétences spécifiques, une infrastructure adéquate ainsi que beaucoup de disponibilité en plus de celle exigée par l’activité agricole.

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